Publié sur Facebook le 13 décembre 2025
Minuscule soutien aux difficultés du monde agricole, je suis allé rendre une petite visite solidaire aux éleveurs qui bloquent l’autoroute vers Pau, à la sortie d’Urt.
Comme il s’apprêtent à y rester jour et nuit pour une durée indéterminée, et un peu comme on prend une bouteille de vin quand on va dîner chez des amis, j’ai souhaité leur apporter quelques victuailles, en l’occurrence des fruits de France.
J’explique mon dessein au chef de rayon fruits & légumes d’une grande surface de la Côte : celui-ci refuse d’être payé, j’insiste, il m’autorise finalement à acheter 10 kg de pommes françaises, tandis qu’il offre 20 kg de bananes de Martinique et autant de clémentines de Corse.
Comme ça, juste sur ma bonne mine, sans aucun papier, avec même livraison dans le coffre de la voiture sur le parking. Merci Fabien et Olivier !
Autoroute, déviation par Briscous-centre puis les barthes (de l’Ardanavy ?) jusqu’au point de barrage, je contourne les plots de chantier qui barrent la voie d’accès, 150 m à zigzaguer entre des tracteurs aux roues immenses et dans une forte odeur de lisier. Prêts à aller loin.
Quelques dizaines de manifestants regardent avec étonnement ce drôle de livreur, un amie syndicaliste m’accueille ravie, et m’envoie un assistant pour finir de porter les 50 kg de fruits, il n’est pas agriculteur mais solidaire de leur cause, d’ailleurs chaque été il aide son cousin pour les foins.
Nous croisons un couple de retraités chargés de gâteaux. Les paysans passent leur vie à nous nourrir, aujourd’hui c’est notre tour.
De retour au barrage, j’observe et échange quelques minutes : sous leurs bonnets jaunes, des militants de la Coordination rurale, classée à droite, et juste à côté des drapeaux de la Confédération paysanne, représentée en Pays basque par ELB, et cataloguée à gauche. La FDSEA-JA, considérée comme co-gestionnaire des politiques agricoles françaises est officiellement absente, mais il se murmure que ses adhérents compatissent.
Le moucheron coupable de cette nouvelle épidémie bovine n’est ni de droite ni de gauche, et déjà que leur vie n’était pas facile, il menace tous les éleveurs et leurs bêtes.
Les agriculteurs font la leçon à tout le pays : alors que les camps extrêmes, de droite ou de gauche, tentent de cliver la société pour leurs intérêts politiciens, alors que le camp gestionnaire semble avoir perdu la boule, les gens de la terre font le pari du travail en commun, avec le soutien désintéressé de généreux concitoyens.
L’intelligence humaine et la solidarité, voilà le miracle de l’A64 !
