Publié sur LSPB le 19 décembre 2025

Beaucoup de réactions à une récente tribune, où je portais contradiction à une chronique résolument de gauche de notre ami Jean-Yves. 

Avec ce triste raccourci que si je contredisais des propos de gauche, c’est que je devais être de droite. Voire même extrémiste.

Permettez moi donc de décevoir les adeptes des simplistes simplifications, en avouant, non pas être « ni de droite ni de gauche » mais plutôt « ET de droite ET de gauche ». 

Car à mon humble avis, et au même titre qu’il y a du bon gras et de mauvaises graisses, j’aurai cette faiblesse de trouver du bon dans certaines idées de droite, mais du mauvais dans d’autres. Et idem avec la gauche. 

Et ceci, non pas par posture idéologique, mais comme le fruit d’innombrables observations, échanges, voyages, rencontres ou expérimentations, qui m’ont mené à prôner un parfait pragmatisme. Car quand quelque-chose fonctionne, il faut savoir le reconnaître. 

Expliquons-nous !

Dans la droite, je vais aimer le libéralisme économique, l’entreprise bien gérée créatrice de richesses, car ce système est le seul à fonctionner. Mais dans le même temps, je vais me méfier de son pendant, la cupidité et la prédation.

Je vais aimer notre tradition judéo-chrétienne, fondatrice de deux millénaires d’Occident, comme nos traditions basques, mais rester attentif aux risques du conservatisme et du repli sur soi. 

Je vais apprécier l’ordre, comme système égalitaire et protecteur d’organisation sociale, mais rejeter les autoritarismes.

À gauche, j’apprécierai toujours le sens du partage et de la solidarité, sans pour autant soutenir le collectivisme ou l’assistanat. 

Je serai l’ami de tous les progrès, social, scientifique ou humain, à condition qu’ils respectent notre histoire, nos racines et notre environnement.

Et foncièrement humaniste, je m’enrichirai de toute rencontre ou échange, sans pour autant tomber dans la naïveté ou le populisme. 

Comme beaucoup , j’avais cru que l’alors jeune Macron allait nous offrir le meilleur des deux mondes, avec son « en même temps ». 

Il n’aura à mon goût choisi que le pire des deux camps, mal conseillé par ses énarques aveuglés. 

Satisfaire la cupidité droitière de certains, tout en achetant les masses par un ruineux collectivisme gauchisant, avec Le Maire à la planche à billets. 

Envoyer son sbire Castaner, pourtant issu de la gauche, brutaliser les Gilets jaunes au lieu de les écouter.

Des raccourcis contrits sur notre histoire coloniale, au lieu de célébrer la francophonie qui en résulte. 

Des gesticulations sur l’entrepreneuriat, confondu avec un vaste casino. 

De nécessaires mesures de gestion, mais si mal menées et expliquées qu’elles ont fracturé le pays et fait le lit des extrêmes.

La situation de la France est compliquée, voire inquiétante, et certains diront que la seule chose qu’on n’y ait pas essayé, c’est la droite ou la gauche extrêmes. Faites-les vite déchanter, la Russie ou le Venezuela payent pour voir, et ça ne marche pas.

Que résumeriez-vous de la pensée RN, sinon l’appropriation d’un ressenti de déclassement, et la désignation de boucs émissaires ? Et chez LFI (voire parfois dans notre gauche basque), quoi d’autre que d’accuser les riches ?

Ce que nous n’avons jamais essayé, c’est la capacité de nos droite et gauche à travailler ensemble et à créer des compromis utiles, pour des solutions opérationnelles, sans calendrier électoral en tête, et en prenant le meilleur de chaque courant de pensée. Pour cela il faudrait de l’abnégation, de l’honnêteté intellectuelle, et de la pédagogie. 

Toujours partenaire du verre à moitié plein, j’y crois encore. Car nous le valons bien !