Publié sur Ramdam6440 le 15 décembre 2024

Et voici notre poly-béret, l’homme aux mille casquettes, à une marche du sacre ultime, dont d’aucuns (et surtout lui-même) le croient destiné depuis les Saintes Écritures.
Notre bon François va pouvoir gagner Paris en autorail, même s’il y furetait déjà depuis des lustres, bénévole au Haut-commissariat au plan oblige, avec voiture et chauffeur cependant.

À une certaine époque Bayrou avait pu incarner la jeunesse et la modernité, conseiller général à 30 ans, député à 35, ministre à 42, mais 40 ans plus tard il est encore là. Au plan national, il a su prendre une place centrale dans le corps politique, aussi importante qu’un nombril : tout le monde en a un, mais personne ne sait à quoi ça sert. Les médias ont su lui façonner une bonne image, car il leur a rendu de fiers services : imaginez la déprime d’un présentateur TV, le dimanche à 15h, sans invité pour le plateau du soir. Et bien un coup de fil, Bayrou se radine et il peut vous tenir 40 mn d’antenne, avec un avis sur tout, sans fâcher personne, et guérissant de surcroît de nombreux cas d’insomnie chronique.

Cette bonne image de tonton serviable, que personne n’a jamais vraiment écouté, mais qui s’impose au moment de découper le poulet, nous sera peut-être utile dans la période actuelle, aux âpretés inédites. Elle contraste en revanche avec la réalité locale, tant l’homme a su mettre l’agglomération paloise, voire le Béarn et tout le 64, sous sa coupe intraitable. En effet chez nous, pas une nomination, prébende ou hochet, attribué hors de son cercle. Bon Roy vu de Paris, des-Pau-te ou né-Pau-te ici. Exemple : juste après la présidentielle 2017, au moment où le Macronisme était encore un espoir, il avait refroidi des Marcheurs locaux, ivres de renouvellement et de progrès, en leur déclarant crânement « qu’ils n’avaient pas de chance car ici il était là ».

Notre époque est exigeante, et réclame à la foi de la force, mais aussi de l’audace, de la créativité, et du renouveau. Tout en sachant marcher sur des œufs au moment d’entrer à Matignon.
Fallait-il, pour ces enjeux, recruter un dinosaure ? On verra bien, m… à toi François !